1952
Mise à jour : 17/03/1999

En Janvier 1952 -- France

Lancement de deux fusées-sonde Véronique de type P6 depuis Le Cardonnet.

Le but de cet essai est de vérifier la validité du concept du guidage au décollage des futures fusées-sonde Véronique avec une longueur de câble nominale de 55 mètres.

La poussée de ce moteur est deux deux tonnes pendant six secondes.

Succès de cette troisième campagne de tirs.

Jean Corbeau, A history of the french sounding rocket Veronique, AAS 89-260, 1974

Christophe Rothmound, History of the french sounding rocket programmes, Mars 1991

En Janvier 1952 -- France

Lancement de trois fusées-sonde Véronique de type R depuis Le Cardonnet. .

Le but de ces lancements est de confimer le concept de la rampe à câble avec une fusée équipée d'un propulseur à ergols liquide.

Succès de cette quatrième campagne de tirs.

Jean Corbeau, A history of the french sounding rocket Veronique, AAS 89-260, 1974

Christophe Rothmound, History of the french sounding rocket programmes, Mars 1991

27/03/1952 -- France

Essais au banc PF1 d'une fusée Eole 1952 N°1 complète.

C'est un échec car le moteur ne développe pas de poussée.

Jacques Villain, Jean-Jacques Barré pionnier français des fusées et de l'astronautique, SEP, 1993

03/04/1952 -- France

Essais au banc PF1 d'une fusée Eole 1952 N°2 complète.

C'est un succès, le moteur développant une poussée de 7,4 tonnes.

La vitesse d'éjection des gaz est de 2110 mètres par seconde.

Jacques Villain, Jean-Jacques Barré pionnier français des fusées et de l'astronautique, SEP, 1993

31/10/1952 -- France

Essais au banc PF1 d'une fusée Eole 1952 complète.

C'est un échec arrêt du moteur après sept secondes de fonctionnement suite à la fusion du fond de la chambre.

Pendant les années 1951 et 1952, alors que les essais au point fixe du moteur de la fusée Eole se déroulent sur le banc du Laboratoire de Recherches Balistiques et Aérodynamiques (LRBA), on prépare les essais en vol de la fusée Eole 1952.

Ces essais devront avoir lieu à Hammaguir au Sahara, tout nouveau champ de tir d'où commencent à être lancées les fusées-sondes Véronique.

La fusée Eole n'étant pas guidée elle doit être lancée à partir d'une rampe dont la longueur est raisonnablement fixée à vingt et un mètres mais qui reste insuffisante.

En effet, avec une vitesse en fin de rampe de vingt-cinq mètres par seconde, l'engin reste très sensible à une éventuelle rafale de vent.

Il est donc envisagé d'augmenter la vitesse de l'engin à cinquante mètres par seconde au moyen d'un propulseur auxiliaire à poudre.

Jacques Villain, Jean-Jacques Barré pionnier français des fusées et de l'astronautique, SEP, 1993

Octobre 1952 -- France - Algérie

Le matériel nécessaire aux essais en vol de la fusée Eole 1952 est transporté à Hammaguir.

Jacques Villain, Jean-Jacques Barré pionnier français des fusées et de l'astronautique, SEP, 1993

Octobre 1952 -- France - Algérie

Alors que les essais en vol de la fusée Eole 1952 vont commencer, le propulseur auxiliaire à poudre permettant d'augmenter la vitesse de la fusée Eole 1952 en fin de rampe, n'a pas encore été réalisé.

Il est décidé d'effectuer les premiers lancements d'Eole sans ce dernier mais avec des engins allégés de capacité égale aux deux cinquièmes de leur capacité normale, c'est-à-dire avec une masse d'ergols semblable à celle utilisée lors des essais au banc.

Jacques Villain, Jean-Jacques Barré pionnier français des fusées et de l'astronautique, SEP, 1993

Octobre 1952 -- France - Algérie

Incontestablement ce fut la mise en oeuvre de l'oxygène liquide qui causa le plus de problèmes lors des lancements de la fusée Eole 1952 comme le relata Jean-Jacques Barré lui-même.

"Un groupe de production d'oxygène liquide provenant de la station d'essai d'Oberraderach en Bavière, avait été remonté à Bidon II, près de Çolomb-Béchar.

L'usine, reliée par un épi au Méditerranée-Niger, disposait de deux wagons-citernes allemands de 32000 litres provenant également d'Oberraderach.

La consigne était de remplir un wagon et de l'envoyer à Abadla, terminus provisoire du Méditerranée-Niger.

Arrivé là, le liquide devait être transvasé dans la citerne routière de 3000 litres normalement utilisée à Vernon.

Il restait à parcourir une quarantaine de kilomètres de piste en tôle ondulée pour atteindre la base de lancement.

Malheureusement, cette citerne qui avait donné toute satisfaction sur les routes de France était de construction légère, la citerne proprement dite étant constituée par d'anciens réservoirs de V2 dans lesquels on avait riveté des cloisons de tranquilisation.

Pour comble de malchance, un sous-ordre prit l'initiative désastreuse de charger la citerne routière à Bidon II et de l'expédier directement par piste à Hammaguir, soit sur quelque cent vingt kilomètres de tôle ondulée.

A trente-cinq kilomètres de l'usine, le convoyeur s'aperçut d'une fuite importante et il fit vidanger la citerne sur place puis lui fit gagner Hammaguir pour examen et réparation ; il eut certainement été plus expédient de la ramener à l'usine, à proximité des moyens importants du Centre Interarmées d'Expérimentation des Engins Spéciaux (CIEES).

Quoiqu'il en soit, il fallut attendre deux jours pour que le reliquat de la citerne s'évapore, le siphon de vidange n'atteignant pas le point bas de la citerne.

Durant ce temps, l'on s'apercevait que le wagon-citerne parvenu enfin à Abadla était mal calorifugé et devait être envoyé à Bidon II pour rechargement; sur les entrefaits, le transformateur de l'usine grillait; il était heureusement très vite remis en état.

Par ailleurs, l'ingénieur militaire principal Corbeau prenait l'heureuse initiative de faire transformer deux citernes d'acide nitrique en acier inoxydable en citernes pour oxygène liquide.

Simultanément, la citerne de Vernon était remise en état par retrait de la cloison de tranquilisation et obturation des trous de rivet, tandis que le colonel Michaud, Commandant du Centre Interarmées d'Expérimentation des Engins Spéciaux se proposait d'acheminer par avion l'une des citernes transformées par Corbeau.

Deux jours après, enfin, le transvasement s'effectuait à Abadla dans la citerne de Vernon réparée, qui, après une menace de crue du Guir, put regagner, sans incident cette fois, son poste de remplissage.".

Jacques Villain, Jean-Jacques Barré pionnier français des fusées et de l'astronautique, SEP, 1993

22/11/1952 -- France - algérie

A 11h30, l'ordre de remplissage de la fusée Eole 1952 vient d'être donné, un affreux craquement se fait entendre et la citerne s'entoure de vapeur.

L'ingénieur responsable de l'étude comprend de suite qu'il s'agit d'un incident analogue à celui qui s'était produit précédemment au cours d'un essai à Vernon : rupture du coude supérieur du siphon.

Effectivement, la réparation faite à l'époque vient de céder.

Après modification et réparation, le plein peut être effectué et l'engin prend son essor à 16h30 ; sept secondes plus tard, l'on aperçoit une pluie de débris et l'engin désemparé, sans queue ni tête, tombe, tournant comme un bâton, à deux kilomètres de la rampe où son résidu d'alcool continue à brûler durant une bonne partie de la nuit.

La tuyère ne porte aucune trace de cloquage et son poli se discerne encore à travers les flammes.

Les débris déchiquetés de l'empennage jalonnent la ligne de tir.

Cette détérioration de l'empennage peut-être attribué à la chaleur dégagée par les traceurs qui avaient été fixés en bout d'ailes afin d'apprécier le roulis de l'engin et de permettre de suivre ce dernier après la fin de combustion.

Il est décidé de tirer le deuxième engin sans traceur.

Jacques Villain, Jean-Jacques Barré pionnier français des fusées et de l'astronautique, SEP, 1993

Mise en place de la fusée Eole 1952 au CIEES.

24/11/1952 -- France - algérie

Deuxième tir de la fusée Eole 1952. Cet engin ne comporte ni télémesure, ni appareil de la Société Française d'Équipement pour la Navigation Aérienne (SFENA), ni ogive largable mais est muni d'un enregistreur de la Société de Fabrication d'Instruments de Mesure (SFIM). Les pleins s'effectuent sans incident.

A la mise à feu, l'engin hésite à démarrer.

La combustion irrégulière manifeste un manque de pression.

En fin de rampe la fusée est larguée à la très faible vitesse de dix-huit mètres par seconde.

Lors du tir précédent elle avait atteint 30,5 mètres par seconde, valeur elle-même inférieure à ce qui a été prévu, à savoir quarante-six mètres par seconde.

Redressé par une rafale opportune, l'engin poursuit son trajet cahin-caha et perd à son tour son empennage vingt-cinq secondes après la mise à feu.

Après avoir atteint une altitude de 2950 mètres, il tombe à 4000 mètres de la rampe.

Au dépouillement des films des cinéthéodolites, on s'aperçoit que les deux engins ont perdu leur empennage à des vitesses très voisines : 335 et 315 mètres par seconde ; les responsables ne sont donc pas les traceurs mais... le mur du son.

Jacques Villain, Jean-Jacques Barré pionnier français des fusées et de l'astronautique, SEP, 1993

En Décembre 1952 France - algérie

Les deux échecs successifs survenant après les péripéties de la citerne à oxygène liquide causent une impression très défavorable aux assistants qui, pour la plupart, ignorent sans doute que les deux premiers lancements réussis du V2 avaient été suivis de treize échecs successifs.

Quoi qu'il en soit, le premier décembre 1952 l'étude de la fusée Eole est suspendue "sine die".

À cette date s'arrêtent les expérimentations concernant les fusées de Jean-Jacques Barré.

A cette époque aucun programme de missile balistique n'est à l'étude.

Seuls, les missiles tactiques et en particulier les systèmes sol-air sont l'objet de multiples recherches mais l'utilisation de l'oxygène liquide est incompatible avec la souplesse d'emploi et la capacité de départ rapide requis par ces systèmes.

Par ailleurs, une autre voie plus satisfaisante de ce point de vue, celle de l'acide nitrique, est prise par les équipes du Laboratoire de Recherches Balistiques et Aérodynamiques (LRBA) depuis quelques mois avec la fusée-sonde Véronique et aussi par la Société pour l'Etude de la Propulsion par Réaction (SEPR).

Si, pour l'heure, l'arrêt des études françaises concernant l'oxygène liquide est très décevant pour Jean-Jacques Barré et le laissa quelque peu amer, l'avenir ne devait pas tarder à lui donner raison.

Au début des années 1960, les études françaises sur la propulsion à oxygène liquide seront reprises pour un lanceur Diamant amélioré et conduiront directement à la réalisation du troisième étage du lanceur européen Ariane.

Les idées d'Esnault-Pelterie et de Jean-Jacques Barré ont donc été particulièrement pertinentes.

Jacques Villain, Jean-Jacques Barré pionnier français des fusées et de l'astronautique, SEP, 1993

18/03/1957 -- Suéde

Naissance à Stockholm de Christer Fuglesang.

NASA